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Journaliste slovaque assassiné : l’Europe au secours des lanceurs d’alerte

Bruxelles

Le Parlement européen prépare une résolution pour faire respecter le droit à l’information au sein de l’Union, qui sera soumise aux voix le 19 avril, Un fonds d’aide au journalisme transfrontalier d’investigation a été créé.
« Nous n’oublierons pas ce qui est arrivé ici, ni notre devoir en tant que membres du Parlement européen ». C’était le 9 mars à Veľká Mača, en Slovaquie, devant la maison de Ján Kuciak, journaliste d’investigation de 27 ans et de sa compagne, Martina Kušnírová, où ils furent assassinés fin février. Claude Moraes, député britannique (S&D) et co-président d’une délégation parlementaire envoyée en Slovaquie du 7 au 9 mars, a voulu y marquer la présence du Parlement européen, en tant que défenseur de la démocratie en général et du droit à l’information en particulier.
Deux journalistes d’investigation ont été tués en moins de 5 mois au sein de l’Union Européenne ; face au nombre d’agressions verbales ou physiques que reçoivent journalistes, bloggeurs, lanceurs d’alerte, dans tous les pays de l’Union sans exception, le Parlement européen presse la Commission et les États membres d’agir pour leur protection.

Depuis le 26 février, Antonio Tajani, président du Parlement européen, et les membres de la délégation envoyée en Slovaquie insistent sur l’urgence à établir toute la vérité sur les raisons du meurtre de Ján Kuciak et de sa fiancée, et à « terminer [son] travail », ajoute Ivan Štefanec, député slovaque (PPE). La dernière enquête du journaliste portait sur le détournement de fonds européens destinés au soutien de l’agriculture slovaque et sur les liens entre les autorités slovaques et la mafia calabraise, la 'Ndrangheta, l’une des plus riches et des plus dures qui soient.
« Nous assistons à la captation d’états en Europe », alerte Franck Engel, député luxembourgeois (PPE). « Des intérêts maffieux puissants assujettissent les légitimes autorités publiques. Ce n’est pas une chose tolérable au XXIe siècle, ni d’ailleurs les éternelles intimidations de journalistes, les dénigrements de gens qui font leur travail. C’est un fléau que nous nous devons de combattre ! ».
Un débat sur la protection des journalistes d’investigation en Europe a eu lieu au Parlement européen, le 14 mars, en session plénière, qui a permis de souligner les lacunes juridiques qu’il reste à combler pour que les journalistes puissent faire sereinement leur travail au sein de l’UE. Si le commissaire européen à la sécurité, Julian King, qui introduisait le débat, a dit les institutions européennes peu compétentes pour assurer la protection des journalistes, la plupart des députés, arborant le hashtag #All for Jan, ont assuré le contraire, comme Sophie In’t Veld, députée néerlandaise (ADLE) : « le Parlement a la possibilité de mettre en œuvre des propositions législatives pour un mécanisme beaucoup plus puissant de suivi des droits fondamentaux et du respect de la démocratie », a-t-elle affirmé.

Une résolution sera soumise aux voix du Parlement le 19 avril pour presser la Commission européenne et les États de l’Union de légiférer pour faire respecter le droit à la liberté d’expression et à l’information (article 11 de la Charte des droits fondamentaux de l’Union Européenne).

Par ailleurs, une directive pour protéger les lanceurs d’alerte dans l’UE sera présentée mardi 17 avril par la Commission. Le Parlement avait demandé à l’exécutif européen de « présenter, avant la fin de l’année, une proposition législative (…) qui garantira un niveau élevé de protection à tous les niveaux des secteurs publics et privés », dans une résolution votée le 24 octobre 2017, c’est-à-dire « une directive à la fois contraignante et horizontale, qui force les États à légiférer pour l’appliquer, dans tous les secteurs, pas seulement le secteur pharmaceutique, par exemple », explique Ricardo Guttierez secrétaire général de la Fédération Européenne des Journalistes.

Elle devrait notamment garantir la confidentialité de l’identité, des données personnelles et des informations des lanceurs d’alerte pour qu’elles ne soient pas transmises à des tiers.

SOUTIEN FINANCIER
Le soutien législatif apporté par le Parlement aux journalistes d’investigation européens va se doubler d’un soutien financier. Un nouveau fonds a été créé, le Investigative Journalism for Europe (IJ4EU), doté de 450 000 €.

« Mon groupe et moi travaillons [à ce fonds] depuis quatre ans, je vais poursuivre ce travail, et j’espère que nous pourrons [le] renouveler » a déclaré Benedek Jávor, député hongrois (Les Verts-ALE). Y sont éligibles les équipes de journalistes d’au moins deux pays d’Europe, qui enquêtent sur des sujets d’intérêt public et transfrontaliers. La date limite de candidature est fixée au 3 mai, la Journée mondiale de la liberté de la presse.

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تاريخ الخرق : Apr 13 2018

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