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El Othmani se prend-t-il pour Donald Trump?

Rabat

« Un incident » la semaine dernière, pour ne pas dire un « scandale médiatique » qui passa presque inaperçu et qui sous d’autres cieux aurait déclenché une crise politique pour flagrante atteinte au pluralisme, à la liberté d’expression et d’information.

Chez nous, personne ou presque n’osa dénoncer publiquement l’exclusion arbitraire de la deuxième chaîne nationale 2M d’un débat télévisé du chef de gouvernement, considéré comme l’une de ses rares sorties médiatiques.

Sur un coup de tête M. El Othmani a dit «Niet!» pas de 2M sur le plateau. Bref, une question d’humeur, car le chef de l’Exécutif serait allergique aux couvertures médiatiques de 2M, à sa ligne éditoriale, à sa directrice d’info qui ne se laisse pas intimider, à ses journalistes trop curieux et ses camerawomen qui ne portent pas de voile ou peut-être à cause de son logo en français tout court. Allez-y savoir ce que pensent les islamistes du PJD, car il n’est pas le seul à voir les choses de cet angle là. Pour rappel, Benkirane, Ramid et Choubani – les faucons de cette confrérie qui a le bras long même hors frontières – ont par le passé, sans crier gare, attaqué et fustigé cette chaîne de service publique et ses journalistes au sein même du Parlement pour des prétextes farfelus.

L’incident de ce jeudi noir (1/11), rappelle un comportement atypique d’un Donald Trump face aux médias qui refusent de jouer du violoncelle. Trump raconte sur son compte Twitter, à qui veut le croire, que les médias pro-démocrates comme la chaîne CNN, le New York Time et le Washington Post ne diffusent que des « fake news » sur ses activités officielles et autres. Et en violation du 1er Amendement, Trump se permet de chasser les reporters des briefings de la Maison Blanche et blacklister les journalistes qui « l’indispose ».

Un détail encore. Et comme par hasard, Twitter semble aussi être l’outil préféré de Ssi El Othmani, sauf que sur l’incident de « l’exclusion – boycott » de la chaîne 2M lors du débat de jeudi 1er novembre 2018, il a préféré laisser « la tâche » au communikator made-in-USA.

Quelques soient les prétextes évoqués par le ou les conseillers du chef de l’Exécutif pour justifier le « blacklisting » d’une chaîne publique qui réalise un taux d’audience de 34,5%, soit le taux le plus élevé à l’échelle nationale comparé à la SNRT et à Medi1 TV (qui sont très loin derrière); la décision politique demeure disproportionnée et injustifiée.

Résultat des courses ou plutôt de cette décision arbitraire qui porte atteinte à la liberté d’expression dans un État de droit:

Primo: M. El Othmani a consciemment exclu et volontairement privé des millions de téléspectateurs Marocains d’un débat et des explications tant attendus sur un sujet d’actualité, à savoir la controverse en cours sur le nouveau horaire.
Secundo: M. El Othman a agi, non en tant que chef de gouvernement de tous les Marocains mais en tant que leader du Parti Justice et Développement (PJD) et du coup il a incité indirectement ses sympathisants et leurs amis à boycotter la chaîne 2M. Doit-on bientôt s’attendre à d’autres représailles pour mettre au pas la rédaction et la ligne éditoriale de cette télévision?
Tertio: Face au « silence des agneaux » du Syndicat national de la presse marocaine (SNPM) entre autres, censé défendre la liberté d’expression et le pluralisme au Maroc, il faut bien souligner que la décision du chef de l’Exécutif est une première et une décision gravissime lourde de conséquences. Et dans cet ordre d’idées, la HACA est interpellée à assumer ses responsabilités et à agir en conséquences,
In fine, il faut bien attirer l’attention de M. El Othmani et lui dire: le Maroc n’est-il pas un État de droit où les institutions fonctionnent normalement et agissent chaque jour que Dieu fait pour résoudre les disputes et trancher les litiges si litiges existent ? Et de bien noter à cette occasion, que le Maroc n’est nullement et ne le sera jamais… un régime style Erdogan où quand on se fâche on pourchasse les médias parce qu’ils empêchent le chef de l’Exécutif de dormir…

Mutatis mutandis – Les téléspectateurs du débat télévisé de jeudi sur « l’heure de la discorde » ont été choqués par l’attitude de l’invité envers la journaliste de la SNRT, Meriem Laoufir. Elle a beau poser des questions et relancer à maintes reprises Ssi El Othmani pour en tirer quelques déclarations exclusives mais sans succès. Ce dernier n’avait d’oreilles, semble-t-il que pour la gent masculine. Curieux ou plutôt prévisible par les temps qui courent!
Date de la violation ou réstriction Nov 01 2018

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